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Ulysse chez Éole : Éole, ἀποπομπή et θέμις

Gabriela Cursaru

Résumé


Résumé. — La mer et les vents agissent en complicité, tous deux relevant des dieux seuls. Leur action est déclenchée et orientée par des divinités qui s’en servent comme moyen d’action à distance, soit pour aller au secours des mortels, soit pour les punir. Cet article se propose d’éclaircir, à partir de l’épisode homérique de la visite d’Ulysse chez Éole, la manière dont la mer et les vents peuvent agir à titre d’agents divins dont le déferlement est un signe de la volonté des dieux qui s’ex­prime ainsi. Figure divine « primitive » dont l’autorité se limite au contrôle des vents, Éole n’a pas de puissance de jugement ni de décision de rapatriement (ἀποπομπή) d’Ulysse, dont le droit de rentrer chez lui grâce au secours divin est dé­fini par rapport à la θέμις. Éole se contente de respecter la volonté des dieux à l’égard du héros et les injonctions qui lui ont été faites via les signes divins. Tant que les dieux s’opposent au retour d’Ulysse, ainsi que leur sentence s’est exprimée au moyen de la δύναμις spécifique des éléments auxquels ils commandent, à savoir les vents et l’élément aquatique, Éole n’a pas le droit (θέμις) d’aider ni de rapatrier (ἀποπέμπω) un homme haï par les Immortels ou des mortels dont les actes d’impiété sont susceptibles de nuire à la justice divine et à l’ordre cosmique.

 

Abstract. — Both the seawater and the winds fall within the competence and sphere of responsibility of the gods. They activate their potency, initiate and control their action, and use them as remote tools to both provide help and punish the mortals. In this article, I wish to consider the way in which, in the Homeric episode of Odysseus’ visit to Aeolus, the seawater and the winds, acting in full complicity in the middle of the storm, serve to signify the will of the gods and their sentences. ‘Primitive’ religious figure whose authority is limited to the control of the winds, Aeolus has neither power of judgment nor of decision to further Odysseus on his way home. Odysseus’ right of νόστος thanks to the divine help is defined with re­spect to the θέμις. Therefore, Aeolus only respects the will of the gods with regard to the hero and their divine injunctions made through signs. As long as the gods oppose the return of Odysseus, as their sentence was expressed through the δύναμις specific to the elements they command, i.e. the winds and the aquatic elements, Aeolus does not have the right (θέμις) to help or send upon his way (ἀποπέμπω) a man abhorred by heaven, nor mortals whose impious acts are susceptible of harming the divine justice and the cosmic order.

 

Gabriela CURSARU
Université de Montréal
gabriela.cursaru@gmail.com


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